Coordinatrice pédagogique, Melun
En tant qu’ancienne formatrice chez Pigier Melun, quel rôle avez-vous cherché à jouer dans la sensibilisation des apprentis aux enjeux de la RSE ?
En tant que formatrice chez Pigier Melun, j’avais envie d’éveiller les consciences des apprentis en les confrontant à des situations concrètes et courantes de la vie professionnelle. Mon rôle a été de les aider à comprendre les enjeux sociétaux et environnementaux, à développer leur esprit critique et à réfléchir sur l’impact de leurs choix. L’objectif était qu’ils deviennent des professionnels responsables, capables d’agir avec bienveillance et conscience dans leurs relations humaines.
Quelles actions concrètes as-tu mises en place auprès des étudiants pour promouvoir des valeurs comme l’inclusion, la diversité ou la mixité ?
J’ai toujours cherché à créer un environnement inclusif, où chacun se sente reconnu et respecté, quel que soit son sexe, son origine ou sa religion. Avec le soutien de la direction pédagogique, nous avons organisé une sortie collective pour visionner » La Tresse » de Laetitia Colombani, suivie d’un débat permettant aux étudiants de réfléchir à la diversité des parcours de vie, aux systèmes de caste et à la place des femmes dans différentes sociétés. J’ai également travaillé sur les exploratrices pour retracer le rôle de femmes historiques souvent invisibilisées, en abordant l’effet Matilda et les stéréotypes de genre, afin de montrer que certaines réussites leur ont été spoliées. Pour rendre l’apprentissage participatif et inclusif, j’ai mis en place des challenges avec remises de prix, favorisant l’engagement de tous et soulignant l’importance de l’empathie, de la bienveillance et du respect dans leurs relations, tout en valorisant la richesse de la diversité dans le groupe.
Selon toi, en quoi les formateurs ont-ils un rôle clé à jouer pour préparer les apprentis à devenir des professionnels responsables et engagés ?
Les formateurs ne transmettent pas seulement des connaissances techniques, ils montrent aussi comment réfléchir, analyser et agir de manière responsable. En accompagnant les apprentis dans leur compréhension du monde et des interactions humaines, en leur donnant des outils pour prendre du recul et questionner leurs choix, les formateurs les préparent à devenir des professionnels conscients, empathiques et capables de s’engager dans leur environnement.
Tu portes également le projet La Tresse, que tu as présenté l’an dernier. Peux-tu nous expliquer l’origine de ce projet et les valeurs qu’il défend ?
Le projet « La Tresse » est née de mon envie de créer un projet autour de la diversité et des liens humains. Quand j’ai lu le livre puis vu le film, je me suis vraiment dit que ce message devait être partagé au plus grand nombre. Du coup, j’ai commencé tout
simplement avec mes étudiants, un peu comme le colibri qui fait sa part, même à petite échelle.
En tant que formatrice chez Pigier Melun en culture générale, c’était essentiel pour moi de leur transmettre des valeurs fortes à travers des supports variés. Le cinéma, par exemple, c’est un outil pédagogique très puissant : ça crée de l’émotion, ça fait réagir, et surtout ça ouvre à l’échange.
L’idée, c’était vraiment de leur montrer que chacun, avec son parcours et ses différences, a une place et peut contribuer à quelque chose de collectif et de positif. Le projet est accessible à tous, et chacun peut y apporter sa vision, sa réflexion. On est dans quelque chose de très humain, basé sur la solidarité, l’inclusion, le respect et la bienveillance, avec cette envie de créer du lien et de donner du sens.
Avec le recul, quel message souhaiterais-tu transmettre aujourd’hui aux entreprises et aux tuteurs sur l’importance d’intégrer les enjeux RSE dans l’accompagnement des alternants ?
J’aimerais rappeler que former un alternant, ce n’est pas seulement lui transmettre des compétences techniques, c’est aussi l’aider à devenir un professionnel responsable et conscient. Intégrer la RSE dans leur accompagnement, c’est leur permettre de développer leur esprit critique, leur sens de l’éthique et leur capacité à agir avec empathie et respect, mais aussi de prendre conscience et de mesurer l’impact de leurs décisions, que ce soit à petite ou à grande échelle. Les entreprises qui prennent ce rôle au sérieux contribuent à former des collaborateurs engagés, capables de construire un environnement professionnel durable, inclusif et humainement responsable.
Merci Lesly pour ce témoignage.